Personnes bilingues

Au-delà des nombreuses anecdotes personnelles rapportées par des personnes bilingues et qui semblent appuyer cette thèse, des recherches relativement récentes lui ajoutent aussi un certain crédit scientifique. J’ai remarqué pour la première fois cette thèse dans le magazine de neuropsychologie John Libbey Eurotext:
http://www.jle.com/fr/revues/nrp/e-docs/le_bilinguisme_au_dela_du_langage_la_these_de_la_double_personnalite_302593/article.phtml

Les données des recherches en la matière suggèrent que le premier ou le deuxième langage d’un bilingue déterminerait, en fonction de l’usage et du contexte de perception de soi, les attitudes culturelles, les réactions émotionnelles, les stéréotypes sociaux, la prise de décision et les différents jugements moraux. Le bilinguisme irait donc bien au-delà du seul domaine du langage ou de la communication, et intégrerait des facteurs culturels et individuels – y compris émotionnels – modulant l’individu et son comportement dans un large registre. L’ampleur de la variabilité intra-individuelle reste à déterminer, ainsi que ses implications sociales, neuroscientifiques et cliniques.

La même conclusion se retrouve dans l’article « Two Languages Two Minds » du Psychological Science Journal: http://pss.sagepub.com/content/26/4/518:
« Nous montrons ici que les personnes bilingues allemand-anglais catégorisent les événements de mouvement en fonction des contraintes grammaticales de la langue dans laquelle ils opèrent.

Premièrement, comme l’ont prédit les différences interlinguistiques dans l’encodage des mouvements, les participants bilingues fonctionnant dans un contexte de test allemand préfèrent davantage les événements sur la base du mouvement que les participants bilingues dans un contexte anglais.

Deuxièmement, lorsque les participants bilingues subissent une interférence verbale en anglais, leur comportement de catégorisation est conforme à celui prévu pour l’allemand; Lorsque les participants bilingues subissent une interférence verbale en allemand, leur catégorisation devient congruente avec celle prédite pour l’anglais.

Ces résultats montrent que les effets du langage sur la cognition sont liés au contexte et transitoires, révélant des niveaux sans précédent de malléabilité dans la cognition humaine ».

Pour aller plus loin :
http://nationalsciencefoundation.tumblr.com/post/26839704327/managing-multiple-languages-when-bilingual-people.

Alina A. Dumitrescu, Sept 2017.